Le pouvoir d’achat des ménages résiste à la crise du Covid-19

Explication 

Les ménages ont vu leur pouvoir d’achat se maintenir en 2020. Si les revenus du travail ont fléchi, cette baisse a été compensée par une forte augmentation des allocations et prestations sociales financées par l’État.

Au fil des mois, l’Insee affine ses statistiques permettant de mieux cerner l’effet de la crise sanitaire sur l’économie française. La publication vendredi 28 mai d’une nouvelle série de chiffres révisés donne une meilleure idée des conséquences de la pandémie sur le pouvoir d’achat des ménages et sur l’effet massif de l’intervention de l’État.iPourquoi lire La Croix ?La Croix vous explique, avec lumière et clarté, le monde qui vous entoure, afin que vous puissiez bâtir votre opinion.+

Revenu et pouvoir d’achat

En 2020, explique l’Insee, « le pouvoir d’achat du revenu disponible continue d’augmenter ». Il a progressé de 0,4 % selon les derniers chiffres. Ce chiffre ne prend toutefois pas en compte l’évolution de la population. Or, si les revenus des ménages ont augmenté en 2020, le nombre d’habitants aussi. L’Insee calcule donc « le pouvoir d’achat par unité de consommation ». Il apparaît alors que celui-ci n’a pas bougé d’un iota en 2020, n’enregistrant ni hausse ni baisse, alors qu’il avait augmenté de 2 % en 2019.À lire aussiCovid-19 : la crise sanitaire a coûté plus de 160 milliards d’euros à l’État en 2020

Pour l’Insee, le pouvoir d’achat des ménages « est globalement stable ». La crise a donc donné un coup d’arrêt à la hausse des dernières années mais n’a en revanche pas laminé les revenus des particuliers. Un effet remarquable alors que l’économie française a traversé l’année dernière une récession historique, marquée par la chute inédite du PIB de 7,9 %.Lisez les actualités en illimité

L’effet du « quoi qu’il en coûte »

Dans ces conditions, la stabilité du pouvoir d’achat des ménages paraît inespérée. Elle s’explique par l’intervention massive de la puissance publique et les effets de la politique du « quoi qu’il en coûte » qui a fait flamber les déficits pour protéger les entreprises et les particuliers.À lire aussiDéficit et dette atteignent des niveaux historiques

Les revenus directs issus du travail ont bel et bien fondu avec la crise. Sans intervention de l’État, le revenu des entrepreneurs individuels aurait chuté de 9 %. Les salaires perçus par les ménages ont eux baissé de plus de 4 %. Ces cahots ont toutefois été largement compensés par la hausse « exceptionnellement dynamique » des prestations sociales. Sous l’effet principalement de la prise en charge massive par l’État de l’activité partielle, celles-ci bondissent de près de 10 %, soit près de 50 milliards d’euros supplémentaires.

Cette hausse des allocations a effectivement permis au revenu des ménages de se maintenir. Mais stabilité globale ne veut pas dire stabilité générale, pour tous et pour chacun. Dans une autre note parue jeudi 27 mai, l’Insee a en effet donné de premiers éléments qui confirment que toutes les catégories sociales n’ont pas traversé la crise avec la même facilité.

Les plus modestes les plus touchés

Faute de recul suffisant pour analyser finement les évolutions par catégories de ménages, l’institut de statistiques ne donne pas de chiffres précis sur les perdants et les gagnants des confinements, ceux qui ont davantage économisé et ceux qui ont vu leurs revenus s’effilocher. Toutefois, « plusieurs éléments laissent penser que la crise aura un impact fort sur les revenus des ménages les plus modestes », relève Valérie Albouy, cheffe du département des ressources et des conditions de vie de l’Insee.

Le nombre de bénéficiaire du RSA a ainsi brutalement grimpé, avec 165 000 personnes de plus entre septembre 2019 et septembre 2020. Autre indice, l’enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages montre que près de 30 % des foyers modestes estiment que leur revenu a baissé d’au moins 50 € par mois depuis le début de l’épidémie. Ils ne sont que 17 % dans ce cas parmi les ménages les plus aisés. À l’inverse, si 14 % des ménages aisés estiment que leur revenu a augmenté durant la période, ils ne sont que 6 % dans ce cas parmi les plus modestes.

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