Retraités : que vous rapporte vraiment votre épargne?

RETRAITE

Dans son dossier diffusé le 18 mars, le Conseil d’orientation des retraites (Cor) a calculé ce que rapporte réellement l’effort des salariés qui mettent de côté pour la fin de leur vie active. Principal enseignement : c’est le début de l’âge des cotisations, plus que le rendement du produit, qui booste le supplément de revenus obtenu.

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Epargner pour la retraite, oui, mais pour quel résultat ? C’est en résumé la question à laquelle le Conseil d’orientation des retraites (Cor) répond dans son dossier rendu public le 18 mars. Une interrogation légitime, alors que selon les dernières projections du Cor, le taux de remplacement est amené à considérablement baisser dans les prochaines années. Alors que ce ratio entre la pension et le dernier salaire s’affiche à environ 75% pour un retraité né en 1955, ce pourcentage pourrait se limiter à 66% pour la génération 2000 (avec comme hypothèse un gain de productivité du travail de 1%), voire à 61% (avec un scénario de gain de productivité du travail à 1,8%*). “Cette diminution du taux de remplacement induit une diminution du niveau relatif des retraités par rapport à l’ensemble de la population. De 102,9% en 2018, le niveau de vie relatif des retraités s’établirait en 2070 dans une fourchette comprise entre 83% (scénario 1%) et 75% (scénario 1,8%)”, observe le Cor.

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Devant ces chiffres, deux choix se présentent au salarié qui ne souhaite pas voir son niveau de vie plonger à la retraite : décaler son âge de départ pour se constituer des droits supplémentaires (le cas échéant une surcote) ou épargner en amont de la liquidation de sa pension. Et si les effets de la surcote, -obtenue pour une cotisation poursuivie après avoir atteint l’âge du taux plein -, sont connus, ceux d’une épargne de long terme en vue de la retraite sont moins évidents. Raison pour laquelle le Conseil d’orientation des retraites a procédé à plusieurs simulations, à partir de la situation de salariés cadre et non-cadre de la génération 1990 commençant à travailler à 20 ans et liquidant leur retraite au plus tard à 70 ans.

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Pour une liquidation en rente

L’hypothèse est tout d’abord prise que le salarié a souscrit un produit d’épargne qu’il débloquera en rente viagère, comme un plan d’épargne retraite populaire (Perp), un contrat Madelin ou leur successeur le plan épargne retraite (PER) ou encore un contrat d’assurance vie. Les paramètres du produit sont les suivants : un taux technique, – le rendement minimum garanti (en phase de décumulation, de service de la rente) -, fixé à 0%, des frais (frais d’entrée, frais d’arbitrage en phase d’épargne, frais de conversion du capital en rente, frais de versement d’arrérages de rente…) arrêtés à 5% et un taux de revalorisation de la rente nul (net d’inflation). Le taux de cotisation, c’est-à-dire la part des revenus qu’épargne le salarié, atteint 1% de ses salaires nets.

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Résultat de l’effort d’épargne du salarié qui commence à placer sur son produit à 45 ans : un taux de remplacement additionnel moyen qui “varie entre 0,47% et 1,03%, selon la combinaison des paramètres de rendement de l’épargne et d’âge de liquidation de la rente”. Comme le montre le tableau ci-dessous, le résultat est quasiment identique pour un cadre et un non-cadre. Ainsi, pour un cadre né en 1990 et émargeant à 3.500 euros net avant son départ à la retraite, le montant de sa pension se limiterait, en suivant l’hypothèse la plus favorable du Cor, à 66% de cette somme sans effort d’épargne, soit 2.310 euros. En commençant à épargner à 45 ans et en repoussant la liquidation de sa retraite à 67 ans, il se constituerait une rente mensuelle supplémentaire de 36,05 euros.

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Bien évidemment, en souscrivant un contrat moins chargé en frais, un cadre qui débute son épargne à 45 ans peut espérer dégager un bénéfice supérieur. Le Cor a ainsi simulé les résultats pour un contrat avec 2,5% de frais annuels, contre 5% en hypothèse de base. Pour une liquidation à 67 ans, le taux de remplacement supplémentaire passe par exemple de 1,02% à 1,06%.

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Si le taux du produit a bien évidemment un impact sur le supplément de revenus obtenu, c’est surtout la durée de l’épargne qui permet d’accroître le taux de remplacement. Le Cor a ainsi comparé les résultats pour un cadre qui commence à cotiser à 35 ans et pour le même salarié qui débute sa phase d’épargne à 55 ans. Pour ce dernier, force est de constater que le bonus servi est très faible, même avec un rendement de l’épargne fixé à 5%, puisqu’il dégage un supplément de taux de remplacement de 0,45% en partant à la retraite à 67 ans. A l’inverse, le même effort d’épargne de 1% amorcé dès 35 ans engendre un taux de remplacement additionnel de 1,08% pour une liquidation à 65 ans et un taux de rendement de 3%. Pour un départ à 67 ans et une hypothèse (très) optimiste de 5% de rendement, le gain de niveau de vie grimpe à 1,77%.

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Le constat est le même pour un non-cadre, avec une légère prime pour le salarié qui commence son épargne à 35 ans. “Les écarts salariaux entre non cadres et cadres sont moins marqués en début de carrière, de sorte que, rapporté au salaire à la liquidation, le montant d’épargne accumulé est moins important pour les cadres que les non-cadres”, expliquent les auteurs de l’étude.

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Avec des rachats réguliers

La souscription d’un contrat en rente n’est pas la seule option à la disposition d’un épargnant. Il peut également ouvrir un produit d’épargne permettant une liquidation progressive du capital au départ à la retraite. Le Cor cite l’exemple d’un “compte d’épargne duquel le détenteur déduirait une somme régulière ou d’un contrat d’assurance vie à primes périodiques dont le bénéficiaire rachèterait une fraction régulière de la provision mathématique”.

Avec des paramètres identiques à ceux retenus pour le produit débloqué en rente, “les simulations montrent que la décumulation progressive du capital permet des taux de remplacement supérieurs par rapport à la rente viagère”, tranchent les auteurs. Un constat d’une logique implacable puisque, contrairement à la rente viagère versée jusqu’au décès, “l’épargnant ne s’assure pas contre le risque de longévité. S’il vit plus longtemps que son espérance de vie anticipée à la liquidation, ou si le rendement du capital est moins élevé qu’espéré, il court le risque d’épuiser son capital avant son décès s’il n’ajuste pas les retraits qu’il se verse”, observe le Cor. C’est donc le coût de cette assurance “contre le risque de longévité” que paie l’assuré avec un contrat en rente viagère.

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La différence de taux de remplacement entre les deux types de produits saute au yeux : pour une femme cadre qui épargne chaque année 1% de ses salaires nets à partir de 45 ans, l’impact se chiffre à 1,09% avec une hypothèse de rendement annuel de 5% et une liquidation à 67 ans, contre 1,03% en rente viagère. Pour un homme cadre, c’est encore un peu plus, avec 1,10% de taux de remplacement supplémentaire.

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Pour un non-cadre qui épargne dès 35 ans, le gain à la retraite est bien plus élevé. Il atteint même un maximum de 2,25% avec une liquidation à 67 ans, contre 1,77% avec un produit en rente. Ainsi, un homme non-cadre né en 1990 et touchant 2.000 euros net comme dernier salaire, – toujours en suivant l’hypothèse la plus optimiste du Cor, soit 66% de taux de remplacement -, verra son taux de remplacement grimper à 68,25% s’il commence à épargner tôt et que le rendement de son épargne atteint 5%. Au final, il percevra chaque mois 1.365 euros, contre 1.320 euros sans épargne supplémentaire. Son pouvoir d’achat augmentera alors de 45 euros par mois, soit de plus de 3,4%. Preuve de l’importance de démarrer votre phase d’épargne au plus tôt pour que vos efforts paient réellement à la retraite.

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COR

*En partant de l’hypothèse que les salaires suivent les gains de productivité, la pension des retraités augmente également, mais moins fortement, d’où ce décrochageEn savoir plus :

Débatteur AnonymeNiveau1OUIIl y a 2 moisJe suis en retraite progressive ( 50 % ) depuis 2 ans 1/2 Ce système est formidable car il permet de toucher partiellement sa retraite tout en étant s …Lire plusLire 38 arguments Oui

Choupinou ClaudeNiveau5NONIl y a 2 moisJ’ai fait le choix de partir dès que le nombre de trimestre a été atteint pour moi. Commencer à travailler avant 20 ans je suis parti à 60 ans. Sacha …Lire plusLire 13 arguments NonA LIRE AUSSI

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Publié par supportconseil.com

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