6 bonnes raisons de manger du fromage après 50 ans

Il a longtemps figuré sur la liste noire des nutritionnistes. Mais cet as du calcium cumule en fait les atouts diététiques, et les spécialistes ont revu leur copie.

Du comté au camembert, en passant par le cantal et le roquefort, la France compte environ 1 200 variétés de fromages et des millions d’amateurs qui vont jusqu’à le déguster sans pain, comme un bon vin… et avec la croûte. Une passion hexagonale ébranlée lorsque diététiciens et nutritionnistes ont placé ces trésors nationaux dans la catégorie des aliments mauvais pour la santé, pas très loin du saucisson et des chips. Pourtant, les données récentes montrent qu’ils avaient (presque) tout faux. Qu’on se le dise : ces spécialités ont bien d’autres cartes à jouer que leur bonus calcium. Démonstration.

Le fromage dope le cerveau

Une étude publiée récemment dans le très sérieux Journal of Alzheimer’s Disease a de quoi surprendre. Alors que l’objectif affiché était de découvrir les aliments associés à une protection contre les problèmes cognitifs liés à l’âge, ce ne sont pas la pastèque et les baies de goji qui sont sorties du lot, mais le fromage. Il ne s’agit pour le moment que de corrélations, et les chercheurs américains n’ont pas pu expliquer le pourquoi du comment.

Les fromages ont longtemps été accusés de jouer un rôle « pro-oxydatif », et donc inflammatoire, dans l’organisme. On découvre à présent qu’ils renferment plutôt des vitamines et des composés antioxydants susceptibles de protéger les neurones sur le long terme. « Certains, comme l’emmental, contiennent d’intéressantes quantités de vitamines B9 et B12, dont les seniors ont tendance à manquer », avance ainsi Gwenaël Jan, directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE). On sait qu’une carence en vitamine B9, notamment, peut accélérer le déclin cognitif. « Lorsque les animaux paissent dans les prés au printemps, ils assimilent aussi des antioxydants présents dans les fleurs, ajoute le spécialiste. Ils se retrouvent dans les fromages au bout de la chaîne. »

Il chouchoute les défenses immunitaires

Le fromage peut participer à nous protéger des agressions extérieures de plusieurs façons. Certains d’entre eux, comme le cheddar, le Vieux Pané ou la feta, contiennent ainsi jusqu’à 10 % des quantités journalières recommandées de vitamine D. Les études les plus récentes montrent que la plupart des Français en manquent, surtout à la sortie de l’hiver. Or, la vitamine D joue un rôle immunomodulateur en renforçant l’immunité innée de l’organisme. Elle protège aussi contre les infections respiratoires. Le maroilles, le vacherin ou encore le morbier ont une bonne teneur en zinc, qui booste le système immunitaire. Il n’est pas rare d’être carencé en cet oligo-élément, ce qui peut favoriser la fatigue et les rhumes à répétition. Enfin, la vitamine B9, intéressante pour la bonne santé du cerveau, protège aussi de l’anémie et soutient les défenses du corps. On en trouve notamment en grande quantité dans les chèvres, le brie, le roquefort ou le bleu d’Auvergne.

Le fromage aide à prévenir les problèmes de thyroïde

Saviez-vous que certains fromages contiennent de l’iode ? Cet élément joue un rôle capital dans la fabrication des hormones thyroïdiennes. En cas de carence, on risque de tomber dans l’hypothyroïdie, source de problèmes de fatigue et de prise de poids. L’apport journalier recommandé en iode est de 150 microgrammes par jour pour les adultes. Parmesan, brebis ou gorgonzola nous en fournissent jusqu’à 13 %. Issu des prés où les animaux ont brouté, l’iode présent dans les aliments est de meilleure qualité que celui des compléments alimentaires.

Il rallonge l’espérance de vie

Les chercheurs étrangers appellent cela le « paradoxe français » : comment expliquer que nous soyons plutôt en meilleure santé que nos voisins et que nous vivions souvent plus vieux alors que notre alimentation semble plus riche et plus grasse ? On a longtemps mis en avant les bienfaits d’une consommation modérée de vin rouge dans l’alimentation traditionnelle des Français, mais cela n’explique pas tout. Cet aspect est d’ailleurs aujourd’hui discuté. Le fromage pourrait bien constituer la pièce manquante du puzzle, d’après un groupe de scientifiques britanniques.

Il y a quelques années, les chercheurs ont particulièrement examiné notre roquefort national. Bien que riche en lipides, cette spécialité de brebis tiendrait ses indéniables vertus anti-inflammatoires de composés qui se libéreraient au contact de l’acidité de l’estomac. Il n’est bien sûr pas le seul, et tout le plateau de fromages participe à la cure de jouvence. Parmi d’autres éléments antioxydants, on trouve aussi du cuivre dans le comté, fabriqué dans de grandes cuves fabriquées dans ce même métal. Dans l’organisme, il concourt à la bonne santé du cœur, des os et du système nerveux.

Le fromage lutte contre les maladies cardio-vasculaires

Contrairement à ce que l’on a longtemps affirmé, les graisses saturées du fromage ne sont pas néfastes en petite quantité. Ce serait même plutôt le contraire. En 2017, des chercheurs chinois ont montré qu’une consommation de 40 grammes par jour réduisait de 14 % le risque de maladies cardiaques et de 10 % celui d’AVC. La variété choisie n’a aucune importance, comme l’ont remarqué d’autres scientifiques danois : se délecter des spécialités les plus caloriques (à pâte cuite) n’a pas de conséquence sur le tour de taille ou la pression sanguine. « La matière grasse laitière est complexe, explique Marie-Caroline Michalski, directrice de recherche à l’INRAE. Elle contient environ 400 acides gras différents, dont plusieurs ont des propriétés très intéressantes. »

C’est le cas de certains acides gras saturés, et même des acides gras trans, que l’on a plutôt l’habitude de ranger du côté des nutriments à éviter. Marie-Caroline Michalski travaille ainsi sur les lipides polaires, des acides gras qui semblent participer à réguler le métabolisme des graisses dans le corps. « On a montré qu’en intégrant ces lipides dans le régime alimentaire de femmes en surpoids, il se produisait une diminution significative de leur taux de “mauvais” cholestérol et de triglycérides. » Les spécialistes qui planchent sur ces questions s’interrogent alors : faut-il vraiment supprimer le fromage des régimes « anticholestérol » ? « On s’aperçoit qu’une même quantité de lipides a des effets différents sur l’organisme en fonction de l’aliment dans lequel elle se trouve, décrypte le chercheur Christophe Chassard. Cela s’appelle l’effet matrice. » En clair : tous les éléments présents naturellement dans le fromage concourent à rendre ses lipides plutôt bénéfiques pour l’organisme. Cela ne signifie pas, bien sûr, qu’il faut en manger à tous les repas…

Il enrichit le microbiote

On n’en finit plus de démontrer l’importance d’un microbiote intestinal riche et équilibré dans le maintien d’une bonne santé physique et mentale. Au contraire, la dysbiose semble impliquée dans des pathologies de plus en plus variées, aussi bien cardio-vasculaires que psychiatriques ou neurologiques. Or, « le microbiote intestinal des humains tend à perdre en diversité dans les pays industrialisés », souligne Gwenaël Jan. On a encore du mal à cerner les liens entre nos milliards de bactéries et ces pathologies, et on ne sait pas si agir directement sur le microbiote peut vraiment les atténuer ou les guérir. En revanche, il apparaît clairement essentiel de conserver une population de micro-organismes aussi riche et diverse que possible, capable de faire barrière aux pathogènes.

On rencontre des bactéries intéressantes dans certains aliments fermentés, comme le kimchi, le kombucha ou la choucroute. Mais en Occident, le plus grand apport en biodiversité bactérienne passe par les produits laitiers fermentés, c’est-à-dire surtout les yaourts et les fromages. Ces derniers sont également riches en moisissures et en levures aussi différentes que bénéfiques. Des travaux de l’INRAE ont mis en avant que les fromages au lait cru, c’est-à-dire non pasteurisés, étaient plus intéressants de ce point de vue. Les fromages persillés abriteraient les colonies les plus variées, suivies des fromages à croûte blanche, comme le camembert ou le brie. Pour un maximum de bienfaits, il est recommandé d’avaler aussi la croûte. Mais quelle que soit votre excellente raison de vous régaler de fromage, dans tous les cas, la modération s’impose.

Publié par supportconseil.com

evolu en m instruisant

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :